Le rôle de la motivation intrinsèque dans l'arrêt du tabac et le choix de l'hypnose . Auteur: Christine Barbarit-Zimmer

25/05/2015 22:07

La motivation intrinsèque dans l’arrêt du tabagisme et l’hypnose

 

La question de la motivation intrinsèque chez l’adulte dans le cadre de l’arrêt du tabac ne peut être abordée, sans mentionner qu’il en existe de plusieurs sortes : extrinsèque, ou dans l’amotivation

La motivation qui nous intéresse : l’intrinsèque, apparaît que lorsque les différents systèmes en interrelation (psychologique, cognitif, psychique ou neurologique) sont en homéostasie.

Pour situer cet exercice un bref rappel du tabagisme et les effets de ses composants sur notre santé sera spécifié.

J'aborderais aussi les différents facteurs  intervenants dans la motivation intrinsèque et leurs rôles. Cette réflexion pouvant permettre aux fumeurs en difficultés de discerner les manques en cause dans la tabacomanie.

Je proposerais une approche neuroscientifique, pour expliquer la notion de dépendance dans l’arrêt du tabac.

Pour conclure il sera évoqué l’apport de  l’hypnose comme solution.

 

 

En premier lieu, Il est nécessaire de définir qu’elles sont les motivations qui conduisent au tabagisme et celles qui motivent son arrêt.

 

Mais qu’est- ce que le Tabagisme ?

D’après Wikipédia le tabagisme est un terme médical désignant l'intoxication aiguë ou chronique provoquée par l'abus du tabac. Par extension, il désigne également la consommation de tabac en général. Il est parfois spécifié tabagisme actif par opposition au tabagisme passif qui qualifie l'inhalation involontaire de la fumée de tabac contenue dans l'air environnant, ou l'inhalation de dépôts secondairement en suspension dans l'air (tabagisme résiduel). Outre la dépendance, le tabagisme est responsable de nombreuses maladies comme des cancers et des maladies cardiovasculaires, qu'il soit actif ou passif. Le tabagisme est la première cause de mortalité évitable dans le monde, ce qui en fait un problème majeur de santé publique.

Le tabac est classé comme psychotrope, c’est-à-dire qu’il est un stimulant mineur du système nerveux central (cerveau, tronc cérébral et cervelet). De plus la nicotine est une substance psychoactive.

La cigarette contient de la nicotine qui lors de l’inhalation passe par les muqueuses buccales, nasales et pulmonaires se répandent dans le corps et le sang en atteignant les neurones en 7 à 10 secondes.

 

Les effets psychologiques

 

D’un point de vus psychologique le tabac pour un fumeur est synonyme de plaisir, de détente et apporte un sentiment de contrôle.

Dans l’aspect social il permet au fumeur l’appartenance à un groupe et permet l’interaction avec son environnement.

Cette consommation s’associe volontiers en des circonstances plutôt agréables telles que : fin de repas, aux pauses dans le cadre du travail, lors de soirée entre ami (e)s.

Ce conditionnement s’ancre que mieux grâce aux émotions positives éprouvées par le fumeur, ainsi  la gestuelle qui est un rituel plaisant, reste un conditionnement Pavlovien par stimuli/réponse, la prise en main du paquet de cigarette, la manipulation du briquet ainsi que la gestuelle de la cigarette entre les doigts sont autant de stimuli  donnant une réponse physiologique : le désir de fumer et créer «  la dépendance ».

 L’école Béhavioriste considère que le comportement prime sur le mental, plébiscite le conditionnement avec un renforcement extrinsèque exercé sur le comportement.

Dans de nombreuses expériences sur l’apprentissage, car le tabagisme commence par un apprentissage, la méthode employée reste le conditionnement  par le système de récompense.

 

L’utilisation de l’hypnose permet la prise de conscience d’une ébauche de choix inconscient.

 

Le rôle de la motivation.

 

Les facteurs de motivation extrinsèques, intrinsèques ou dans le cadre de l’amotivation concourent tous trois dans la réussite ou dans l’échec de l’arrêt du tabac, l’aspect concernant la motivation intrinsèque demande des ressources particulières que nous allons tenter d’expliquer.

La motivation extrinsèque comme l’amotivation, concerne l’interrelation avec différents facteurs externes au sujet ; soit par l’influence externe environnementale, par l’influence du groupe social ou socioprofessionnelle, ou encore par l’influence familiale (l’appartenance, la filiation).

 Le sujet subit des stimuli extérieurs qu’il aménage ensuite selon des schémas positivant ou aliénant qui seront mémorisés et pourront évoluer, s’améliorer et ou se reproduire.

 

Pour la motivation intrinsèque la ressource principale vient du sujet. Dans ses ressources personnelles lorsqu’il n’existe pas d’incongruence. Cette motivation dans le cas de la suppression du tabagisme résulte du désir de faire un choix en pleine conscience (mentalisation), qui part le comportement (cognitif) apporte du plaisir, permettant une élaboration mentale en vue d’atteindre un but (l’arrêt du tabac).

 

Nous argumenterons plus précisément sur les facteurs de la  motivation intrinsèque au regard de l’extrinsèque et de l’amotivation,  La particularité de sa constitution et celle du sujet qui la développe, ainsi que son rôle dans la tabacomanie.

 

Facteurs psychologiques

 

Quels sont les facteurs issus de la motivation intrinsèque qui interviennent ?

 

Nous pouvons citer l’auto-détermination :

- la théorie de l’auto-détermination (self-determination,SDT) de Deci et Ryan 2002*, qui aborde la question du développement de la personnalité :

« ..de l’autorégulation, besoins psychologiques universels, la vie (objectifs et aspirations), de l’énergie et de la vitalité, tous les processus inconscients dans un ensemble qui fait référence à la macrotheorie de la motivation humaine ».

La motivation intrinsèque dans le cadre de l’arrêt du tabagisme résulte du désir de faire un choix en pleine conscience (mentalisation), qui part le comportement (cognitif) apporte du plaisir, permettant une élaboration mentale en vue d’atteindre un but : l’abstinence tabagique.

La motivation intrinsèque comporte de nombreux avantages dans le continuum de ses efforts, dès lors que le sujet est libre dans ses comportements et reste en adéquation avec ses valeurs.

 

Facteurs émotionnels

 

 L’émotion est-elle en cause dans le processus du tabagisme, et comment la définir ?

 Il existe plusieurs définitions :

- « Qu’elles soient de base, comme le définit le courant évolutionniste dans les travaux de Darwin : émotions innées, universelles et communicatives.

-La théorie de Cannon, 1927 remet le système nerveux au centre des émotions. A la vue de ses différentes définitions nous constatons son rapport étroit et permanent avec nos décisions et nos actions, ainsi elles ont un rôle cognitif dans l’apprentissage par l’acquisition, mémorisation, rétention d’information et l’attention selon l’étude d’Alvarado, 2002, » (Wikipédia).

-. D’après Damasio (« Spinoza avait raison »), les émotions seraient un moyen naturel d’évaluer en toutes circonstances la présence d’objets qui causent des émotions, mais aussi les relations entre ces objets, ainsi l’appareil de l’esprit fait preuve de pensée.

Nous savons que le cerveau limbique gère le fonctionnement et la gestion des émotions et a une fonction essentielle dans la mémoire et l’apprentissage. Que ce soit en partie par l’hippocampe (associe la mémoire à l’émotion) ou l’amygdale et l’hypothalamus, le système limbique a un rôle dans l’apprentissage par l’action de mémorisation et la gestion des émotions.

L’émotion participe aux comportements, dans des situations de peur elle provoquera fuite ou combat (comportements ancestraux qui ont participés à la survie de l’espèce) agissant sur le système autonome

Dès lors, l’implication du système limbique dans le processus d’apprentissage dans l’initiation au tabagisme en groupe pendant l’adolescence prend toute son importance.

 

Que nous apprennent les neurosciences ?

 

La nicotine stimule les récepteurs cholinergiques nicotiniques présents dans le système nerveux autonome (partie du système nerveux responsable des fonctions non soumises au contrôle volontaire : muscles lisses de la digestion et de la vascularisation, les muscles cardiaques ainsi que certaines glandes exocrines et endocrines.

La nicotine provoque une poussée d’énergie par la stimulation de la libération d’adrénaline par les glandes surrénales.

Elle stimule les neurones dopaminergiques et provoque une libération de dopamine dans les régions cérébrales. Apportant un effet anxiolytique, un relâchement musculosqueletique, effet coupe-faim.

Nous savons que la nicotine imite l’action d’un neurotransmetteur naturel l’acétylcholine et se fixe sur un type particulier de ses récepteurs appelé justement récepteur nicotinique.

 

Dès l’arrêt du produit apparait le symptôme de la dépendance.

 

Cependant si l’arrêt du tabac semble nécessiter une forte motivation, il est important de se souvenir que la nicotine est classée comme substance « très dangereuse » par l’OMS.

1 cigarette contient 10mg de nicotine dont environ un dixième est inhalé.

L’OMS souligne qu’elle est toujours utilisée dans certains pays comme insecticide, mais ne l’est plus en France depuis mars 2009.

 1mg/ml de nicotine est mortel par contact cutané et est toxique en cas d’ingestion.

 

 

Pourquoi l’utilisation de l’hypnose.

 

Je ne développerai pas, là, une approche plus analytique, s’orientant sur la notion d’étayage par la cigarette, ou de la cigarette dans la relation d’objet, mais elle  reste toujours présente dans la stratégie thérapeutique. Pour l’instant j’en resterai à l’utilisation de l’hypnose comme outil concernant ceux qui font le choix d’arrêter de fumer.

Car il s’agit bien d’un choix qui apporte un changement positif.

 La liberté de ce choix est en adéquation avec ses propres valeurs.

 Nous comprenons que l’addiction est réelle et par l’ajout du conditionnement évoqué plus haut, elle est stockée en mémoire, mais la mémoire n’est pas archivage mais, on le sait de plus en plus, reconstruction.

Les dernières découvertes en neuroscience informe sur la plasticité du cerveau, les résultats d’une étude révèlent que l’hypnose provoque une reconfiguration de la communication entre plusieurs régions du cerveau.( Y. Cojan et al.The Brain under self-control: modulation of Inhibitory and monitoring cortical networks during hypnotic paralysis, Neuron, vol. 62, pp. 862-875, 2009.) .

 Le cortex moteur communique davantage avec une aire pariétale, le pécunes, associé à la création d’images mentales, à la mémoire autobiographique et aux représentations de soi (ce que l’on ne constate pas normalement).

L’hypnose permet  à la personne traiter, l’accès aux représentations mentales et une attitude centrée sur soi (introspection) pour trouver des solutions émanent du sujet.

Le conditionnement chez le fumeur se réalise par un ancrage positif, car liée à une émotion agréable, (le plaisir de fumer), le but est de désactiver cette boucle de conditionnement ainsi que les effets secondaires du sevrage.

« L’hypnose permet par l’imagination d’anticiper et de transformer nos comportements et nos agissements. » F.Roustang.

 

L’utilisation de l’hypnose permet de trans-former des habitudes nocives, pour cela le fumeur ne doit pas « essayer » d’arrêter de fumer, mais le « faire »…..

 

Alors faisons-le !

 

 

Christine Barbarit-Zimmer.

 

 

 

 

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